En 2000, certains chercheurs tropicalistes du CIRAD et de l'IRD, personnellement mobilisés sur le thème de la Solidarité Internationale, ont constaté la faiblesse de l'implication des institutions de la recherche française dans la réflexion et dans les actions humanitaires. Ce cas était d'autant plus flagrant pour les actions destinées à améliorer les conditions de vie des populations vulnérables qui traversent une période de crise du fait de catastrophes naturelles, économiques ou de conflits.
Dans l'attente de solutions institutionnelles qui feraient évoluer cette situation, ils ont émis l'idée de la création d'une association qui favoriserait les initiatives individuelles bénévoles et qui donnerait aux ONG et aux populations sinistrées la possibilité d'accéder à une expertise de haute qualité pour un très faible coût.
Après cette décision, il fallait définir les contours des situations sociales et écologiques vers lesquelles les actions seraient portées et esquisser une première forme d'organisation de l'association. En 2001, l'école de management ESSEC (www.essec.fr) a été approchée en vue de lancer une étude stratégique visant, d'une part à préciser la pertinence de l'idée, son insertion dans l'univers actuel des ONG, des institutions multilatérales gérant les crises et des bailleurs de fonds, d'autre part à définir les formes de management à construire pour l'association.
Un principe premier a permis de fixer le champ de l'étude menée avec l'ESSEC : ne pas venir concurrencer les ONG existantes mais au contraire proposer des services leur permettant de renforcer leur efficience (expertise d'appui) ; n'intervenir comme opérateur que dans les fonctions actuellement non couvertes par les ONG.
L'étude a analysé le profil des 120 Organisations de Solidarité Internationale française (OSI) pour déterminer celles qui intervenaient auprès des sinistrés dans le domaine de l'agriculture, de l'environnement et de la santé alimentaire. Elle a également consulté les meilleurs livres sur le « management of the non-profit organisations ». Les chargés d'étude ont rencontré les services de l'urgence de la FAO, le UNHCR, certaines grandes ONG, notamment Action Contre la Faim (www.acf-fr.org) et Médecins du Monde (www.medecinsdumonde.org) MDM, ainsi qu'une petite ONG, Urgence, Réhabilitation Développement (www.urd.org) qui cherche à stimuler une meilleure prise en compte du « cycle de vie » des populations sinistrés lors des interventions humanitaires. Des interviews de réfugiés sierra léonais et d'ONG guinéennes ont été menées dans deux camps de la Guinée.
Les recommandations de l'ESSEC ont été les suivantes :
Focaliser les actions de la future association sur la préparation au retour d'activité des réfugiés et des déplacés et sur l'appui aux populations vulnérables dont les capacités d'autonutrition sans revenus et les systèmes alimentaires sont mis en péril.
Deux types de prestations sont à privilégier : appui d'expertises par des missions et par un parrainage internet à distance auprès des ONG locales et internationales qui orientent leurs activités vers les mêmes groupes sociaux ; n'intervenir comme opérateur que pour les actions dans les camps et lors des premières phases du retour (réhabilitation).
Pour les actions destinées aux réfugiés et aux déplacés : d'une part préparer le retour par des formations lors de leurs séjours dans les camps ; et d'autre part les accompagner lors de la première phase du retour, notamment par des actions de formation et de lancement d'activités pilotes explicitement demandées par les sinistrés.
Organiser toutes les opérations de telle sorte que les activités soient reprises et animées à terme de manière autonome par les groupes sociaux concernés.
Pour éviter d'évoluer vers un bureau d'étude, organiser un management démocratique de l'association, privilégiant la dimension « éthique » et donnant le pouvoir du choix des opérations et de leur suivi aux membres bénévoles élus, ceux-ci pouvant s'appuyer sur des volontaires et des salariés pour en assurer l'exécution.
Par ailleurs, l'étude ESSEC recommandait de tester au cours des trois premières années de fonctionnement de l'association une série de prestations identifiées particulièrement attendues par les partenaires interrogés : voir le chapitre « nos missions, notre action ».
Les statuts de l'association ont été déposés en juin 2003. Elle avait une vingtaine de membres bénévoles exerçant leur activité professionnelle dans toutes les disciplines du monde rural tropical (agronomie, aquaculture, sciences sociales et systèmes d'information) ainsi que des assistantes de direction, des documentalistes et des webmasters. En juin 2005, l'association est forte de 65 membres, notamment ciradiens, irdiens et du Cnearc, dont certains sont en poste en Afrique, à Madagascar, en Asie et en Amérique Latine. Tous sont prêts à réaliser des expertises et à monter des projets avec les acteurs intéressés.
Pour son démarrage, ASUR reçoit les conseils en organisation de MDM et il a l'appui d'AGROPOLIS et du Conseil Général de l'Hérault.

